La présence d'habitants sur le territoire de Thil peut être envisagée à partir du néolithique.
( 9 000 ans avant JC à 3 300 avant JC).
Jusqu'à la fin du 19e siècle, période qui vit le brusque et important développement de la métallurgie, de la sidérurgie et des mines de fer accompagnantes.
Thil se présentait comme une vallée verdoyante regroupant sur l'axe formé par le bas de la rue actuelle Paul Langevin et l'entrée du territoire de Villerupt, quatre rivières prenant leur sources respectives aux endroits suivants : haut de l'actuelle rue Colonel Fabien, haut de l'actuelle rue des Déportés, haut de l'actuelle rue Sainte-Barbe, fond de Sainte-Claire. Le cours d'eau résultant donne naissance à l'Alzette.
Les lieux d'habitations, avant l'essor industriel, étaient principalement concentrés : 1) dans la zone nord du village : actuelle rue du Viaduc et rue des Déportés, en cet endroit était présents l'église, le cimetière, le four …. ; 2) la partie haute de la rue Paul Langevin (de la poste à l'école); 3) l'emplacement occupé actuellement par la rue des Ecoles; 4) au lieu dit Tutange actuel quartier de Sainte-Claire où l'édifice principal de Thil se situait : le moulin à grains.
A partir de la fin des années 1800 Thil se densifiait et se transformait : les zones d'habitations envahirent les différentes vallées structurant notre ville, les cours d'eau furent canalisés, un crassier vint obstruer la vallée menant à Sainte-Claire, l'emplacement de l'actuel lotissement d'Auberive fut rehaussé de quatre mètres en rapport au terrain naturel, la zone basse de la rue Paul Langevin ( niveau du bar-tabac le Penalty ) ainsi que la rue Sainte-Barbe furent placées deux mètres au-dessus du niveau initial; et deux voies de chemin de fer avec un viaduc lacérèrent tout le versant nord de notre ville. La population comptant 200 âmes au milieu du 18ème siècle dépassait des 3000 au milieu du 20ème siècle.

L'EPOQUE ROMAINE :

On peut envisager à cette époque une population sédentaire installée autour des sources de Sainte-Claire vouant Hercule (Dieu romain des sources). Le site actuel de notre ville faisait partie du « mathois » ( pays arrosé par l'alzette, la chiers et la crusnes), territoire situé sur la frontière linguistique entre roman et germanique.
Sur la côte de Rédange des vestiges d'anciens thermes romains seront découverts. Sur le Titelberg ce sont les restes d'un ancien camp romain qui furent mis au jour. Sur l'actuel échangeur routier de Tiercelet , un croisement de voies romaines fut constaté, une menant à Trêves, l'autre reliant Longwy à Angevillers.


HILDE SUR L'ALZETTE :

La première existence du village actuel de Thil, en archives reconnues, date de l'an 803 après JC, sous le nom de Hilde sur Alzette.
Ceci se situant après la fin de l'époque romaine, après la fin des invasions barbares (la ville de Metz étant entièrement détruite par les huns) et pendant la toute puissance du royaume de Charlemagne. Durant cette période la religion catholique se structure, c'est la période des évangélisations et c'est en ces temps que l'on peut supposer qu'apparut l'appellation Sainte-Claire. Une coutume existera jusqu'au début du 20ème siècle, celle-ci conférait aux eaux de Sainte-Claire une action thérapeutique sur les maladies et maux des yeux.


LE MOYEN-ÂGE :

Thil fait parti d'un territoire appelé : « pagus Mattensis » dépendant d'Aumetz (10ème siècle) puis Luxembourg.
A partir du 13ème siècle le village de Thil s'inscrivait dans la seigneurie d'Audun dépendante de la châtellerie de Longwy elle-même étant une terre du duché de Bar. Le 1er octobre 1255 Henri comte de Luxembourg, dans le cadre de la succession de son père et de sa mère, remet à Ferri duc de Lorraine : « Ames (aumetz), Crusnes, Errouville, Sufflange, Rosanges, Ragecourt, Thil, Amiers, Saint Léger, Obanges et Esch ».
Par la loi de Beaumont (1255) Thil et de nombreuses villes et villages sont affranchis, c'est la naissance des biens communaux. Le 30 septembre 1292 le duc de Lorraine Ferri vendit la châtellenie de Longwy avec château, fiefs et arrières-fiefs au comte Henri III de bar. En juin 1370 le duc Robert de bar cède la châtellenie de Longwy à Wenceslas duc de Luxembourg. En 1378 le Duc Robert de Bar rachète Longwy au Duc de Luxembourg. En cette période le village de Thil passa de mains en mains avec la châtellenie de longwy et sur de nombreux écrits on constatait l'existence reconnue et de bonne importance du moulin de Tutange (sainte-claire), du terrage et du four de Tilhe (Thil).


DE 1500 A 1766 :

Il existe peu d'informations concernant Thil au XVIème siècle, on sait cependant que le moulin de Tutange (sainte-claire) appartenait à la prestigieuse famille De Malberg seigneurs d'Audun. Toutefois en 1602 des documents confirment l'appartenance du moulin au Duc de Lorraine. La guerre de trente ans (1618 à 1648), une guerre européenne ayant pour causes des motifs religieux et autres.
Les environs de Longwy ont été ravagés durant la guerre de Trente ans par les Français (1631), les Suédois de Bernard de Saxe-Weimar (1635) et enfin par les troupes impériales, Polonaises, Hongroises, Croates qui, envoyées pour défendrent le pays, s'y signalèrent surtout par leurs pillages et leurs atrocités. Des atrocités telles que Thil, comme de nombreux autres villages, perdit tous ses habitants, les survivants se réfugiaient dans les bois. Thil resta sans habitants pendant au moins une dizaine d'années.
Le royaume de France, en 1679, envahit de nouveau la Lorraine, le Duc est défait, il est contraint de se séparer de la ville de Longwy. En 1688 débute « la guerre de la ligue d'Augsbourg », la Lorraine est de nouveau envahie par Louis XIV, cette guerre se termine en 1697 par le traité de Ryswick, la France libère le duché de Lorraine mais garde la ville de Longwy.

Au traité de Paris en 1718, la France annexe Longwy et 12 villages, la seigneurie d'Audun restera lorraine; ce ne fut qu'en 1766 , à la mort de Stanislas Leczinski, duc de Lorraine, que Thil devint français. Après la guerre de trente ans, la Lorraine meurtrie et dépeuplée a accueilli sa première vague d'immigrants composée d'anglo-saxons et de germaniques.


DE 1789 A 1914 :

Thil est donc devenue française 23 années avant la révolution de 1789.

Thil, village français sera, comme tous les autres villages de France, réorganisé suivant les nouvelles constitutions républicaines. On notera le 19 août le passage des troupes prussiennes venant au secours de Louis XVI, en provenance du Luxembourg, certaines d'entre elles passèrent entre Thil et Hussigny. Ces troupes après le siège de Longwy (19 à 23 août 1792) seront arrêtées et défaites sur leur trajet en direction de Paris au village de Valmy (marne) le 20 septembre de la même année. Sur le chemin du retour, ces troupes prussiennes séjournèrent en pays de Longwy du 18 au 22 octobre 1792. Le 14 juillet 1812, la ville de Thil perd son statut de commune et paroisse autonomes pour être intégrée à celles de Villerupt.

Le 16 août 1841, Thil est réhabilité en commune autonome indépendante de Villerupt. En cette époque 1844, consécutivement à l'expansion prise par le village de Thil, l'église « Notre Dame » datant du 14ème siècle, pouvant accueillir une quarantaine de fidèles est considérée justement comme étant trop excentrée en rapport au nouveau centre du village, trop petite suite à l'essor de population apportée par le développement des métiers du fer, de la fonte et de l'acier, trop difficilement accessible vu sa situation en une zone escarpée; l'église sera détruite et l'église siégeant encore actuellement place du 8 mai 1945 sera construite.

Entre 1849 et 1852, une épidémie de choléra sévit dans le pays-haut, les habitants de Thil érigent une croix entre Thil et Villerupt pour arrêter cette épidémie. C'est en cette époque, le début de l'essor métallurgique, le 5 mars 1866 est constituée la société de « Villerupt et Sainte Claire ».

En août 1870, pendant la guerre franco-prussienne, des combats sont signalés aux alentours de Thil, de nombreux migrants alsaciens-lorrains intègrent notre région afin de garder la nationalité française. En 1878 est inaugurée la ligne de chemin de fer Longwy-Thil-Villerupt.
En 1886, commence l'exploitation de la mine de Tiercelet sur le territoire de notre ville,
et est promulgué le décret octroyant la concession de Bréhain aux aciéries de Micheville, ceci le 10 mars de la même année. Ces années marquent également l'arrivée sur notre territoire de nombreux travailleurs italiens, puis suivront les polonais.


MINES DE FER - FONDERIE - SIDERURGIE :

Déjà à l'époque romaine, et probablement bien avant on trouve des traces de petites unités autonomes produisant et travaillant le fer sur le territoire Thillois ( source de l'alzette à sainte-claire) et ses environs.
Au moyen-âge ces forges ou bas-fourneaux quittent les hauteurs pour s'implanter dans les vallées. En 1526, il est fait note de la forge de Villerupt située le long de l'alzette entre les villages de Thil et Villerupt.
Les métiers du fer : bûcheron, fondeur, manœuvre, mineur, dresseur, platineur, affineur,…..forgeron ont une présence croissante entre les années 1744 et 1792. Le développement se poursuivra tout au long du XIX siècle, avec l'apparition des hauts-fourneaux à chauffage bois puis coke, des souffleries à vapeur puis hydraulique... En 1828, un laminoir à tôles avec deux fours à réverbères sera érigé sur le ban de sainte-claire, cette usine se développera allant jusqu'à posséder quatre hauts-fourneaux et les installations de transformation du fer et de la fonte s'y rattachant.
En 1881 la Cie Chatillon-Commentry prend l'usine de Villerupt et Sainte-Claire en fermage pour une durée de 60 ans, mais en 1894 elle cède son bail à Aubrives pour concrétiser la naissance de la Cie « Aubrives-Villerupt ».

L'activité minière se développa fortement au cours du XIX ème siècle avec l'apparition : en 1873 la concession de Villerupt, la concession de Micheville en 1874, la concession de Tiercelet 1882 à 1884, la concession de Bréhain en 1886 Ces concessions affleuraient sur le territoire thillois, et de nombreuses galeries partant de notre ville quadrilleront le sous-sol ferrifère environnant. L'activité minière durera jusqu'à l'année 1980, l'activité de transformation s'arrêtera le 31 décembre 1968.
La population évoluant en cette période de 310 habitants en 1844 à un maximum en 1962 de 3194 habitants. La fin des activités minières et métallurgiques mettra fin à l'essor de Thil sa population en 1999 ne comptera plus que de 1572 habitants; depuis, suite à la proximité luxembourgeoise, la population croît de nouveau et devrait avoisiner les 2500 âmes à l'horizon 2015.


LA GRANDE GUERRE 1914-1918 :

Thil sera occupé par les troupes allemandes du 8 août 1914 au jour de l'armistice du 11 novembre 1918.
Le bilan de cette guerre se traduit en ces quelques chiffres : 142 mobilisés dans les troupes françaises, 39 morts au combat, 4 blessés, douze militaires décorés.
Par décret présidentiel Thil obtiendra la Croix de Guerre le 5 février 1921. Pendant cette guerre, la commune thilloise assurera avec vigueur et difficultés l'approvisionnement en subsistances destinées à ses administrés et les paiements de contribution de guerre aux armées allemandes.


LA SECONDE GUERRE MONDIALE 1939-1945 :

Le 2 septembre 1939, la guerre est déclarée entre le IIIème reich allemand et la république française. Dès cette déclaration de guerre les habitants de Thil, comme tous ceux placés devant la ligne Maginot, furent évacués vers les départements de la Vienne et de la Gironde; les Thillois majoritairement seront dirigés sur Saint-André de Cubzac.

Cette période appelée « la drôle de guerre » se termina par le retour d'exode de novembre 1940 à mars 1941, et l'invasion de la France par les troupes allemandes le 13 mai 1940. Thil est alors située en zone occupée, le gouvernement de Vichy s'installe, les allemands occupent les installations minières.

En été 1943, les mineurs contraints par les militaires allemands construisent une infrastructure concentrationnaire sur le vallon situé au nord du viaduc: le Camp de Thil.
Fin 1943 il est en mesure d'accueillir de nombreux prisonniers originaires d'Europe et vêtus de pyjamas à rayures blanche et gris-bleu.
L'année 1944, dans les galeries de la mine du syndicat de Tiercelet les allemands assemblèrent une usine apte à construire les fusées V1 et devant être opérationnelle , y compris les rampes et aires de lancement pour octobre 1945. Des milliers de prisonniers travaillèrent dans ces installations, le travail était dur, beaucoup mourraient; ainsi les allemands installèrent le four incinérateur des abattoirs de Villerupt au-dessus du camp de Thil et y brulèrent tous les prisonniers morts au travail ou tués pour incapacité ou rébellion. Cette infamie cessa début septembre 1944, les troupes américaines entraient dans Thil le 10 septembre 1944.

Le camp de Thil est reconnu par la nation comme camp de concentration, il est le seul camp de ce genre situé sur le territoire français en zone non-annexée par le IIIème reich. Durant cette guerre Thil vit beaucoup de ses enfants tués au combat, lâchement fusillés, arbitrairement déportés pour y mourir ou en revenir physiquement et psychologiquement détruits,…. , comme beaucoup d'autres villages Thil reste admiratif devant ses enfants devenus résistants , partisans ou simplement insoumis à l'autorité de Vichy et de Berlin, Thil reste conscient et triste devant ses enfants devenus collaborateurs ou simplement opportunistes dans la violence et l'atrocité imposées par l'Allemagne et la France de Vichy.

La capitulation allemande enregistrée, arrivait le temps de la reconstruction physique et morale d'un pays dévasté et meurtri, sans peut-être oublier, tous se taisaient; l'avenir s'imposait sur le passé, la vie cachait la mort.


DE 1945 A NOS JOURS:

A la fin de la guerre ce fut le temps de l'union nationale pour la reconstruction, il fallait oublier, soit à remettre chacun à sa place, soit à haranguer à sermonner pour réinstaller un ordre mondial similaire à celui qui engendra les guerres que l'on connut et que l'on se promettait de définitivement empêcher.

Cette reconstruction permit beaucoup de travail ce qui imposa beaucoup de luttes et de réussites syndicales, les conditions de vie s'amélioraient, le travail devint une valeur reconnue et estimée dans nos sociétés. La décennie des années 1960 sera la décennie qui envisagea et désira le bonheur, une insubordination vite corrigée qui amena lentement mais surement au déclin affligeant la première décennie des années 2000.

Thil perdit l'activité minière, l'activité métallurgique et l'ensemble des métiers et professions induits, Thil ne doit son petit salut qu'à son voisinage luxembourgeois. L'histoire montre que rien n'est jamais acquis, que tout est envisageable, souhaitons donc à Thil et surtout à ses habitants un avenir humain plein de bonheur.

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